Il y a des étés qui reviennent toujours par les mêmes portes : celle de la cuisine, celle d’une maison entrouverte, celle d’un souvenir de bord de mer. Cette capsule rassemble quatre illustrations qui racontent, chacune à sa façon, cette même nostalgie douce des vacances bretonnes. Entre elles, un fil commun : la lumière de l’été, le rythme lent des journées, et Chose, ma petite chatte, qui s’invite presque partout sans jamais se presser.
Tout commence par la cuisine, forcément. Après ma version automne, voici celle de l’été, largement tournée vers l’extérieur : une petite maison colorée nichée dans un écrin de verdure, et Chose en pleine sieste, visiblement agacée qu’on vienne la déranger. C’est ma cuisine rêvée, celle qui sent le pain grillé, avec un bouquet de fleurs sauvages, une confiture maison et un chocolat chaud pour bien démarrer une journée de vacances.
De la cuisine, on glisse naturellement vers l’intérieur tout entier, avec la Maison du pêcheur : le retour de pêche, une porte bleue entrouverte qui laisse entrer la lumière et l’odeur de l’été, des chapeaux de paille à la poignée, un fauteuil en rotin qui attend. Sur la console, un panier déborde de légumes du potager, cueillis le matin même. Et au sol, Chose dort en boule, indifférente au temps qui passe.
Vient ensuite un vrai lieu, chargé d’histoire : la maison aux volets bleus de St-Cado, l’une des images les plus connues de la Ria d’Etel. Construite vers 1890 pour un gardien de parcs ostréicoles, elle appartient au domaine maritime de l’État, ce qui explique qu’elle soit toujours debout, entretenue aujourd’hui par la mairie de Belz. Plusieurs familles y ont vécu, dont les Portanguen, qui y ont élevé leurs enfants après-guerre. Et puis il y a la légende : le moine Cado aurait passé un pacte avec le diable pour faire construire le pont en une nuit, contre la première âme à le traverser. Le lendemain, Cado y a fait passer son chat en premier. Le diable, floué, a tout tenté pour démolir le pont, en vain. Le chat, lui, s’en est très bien sorti, comme toujours. J’ai choisi d’illustrer cette maison à l’heure du lever du jour : les volets qu’on ouvre sur la côte, puis la cuisine, son odeur de café et de pain grillé.
Enfin, direction Séné et le Golfe du Morbihan, pour la Maison rose. Construite en 1879 par Mathurin Juteau, ostréiculteur et négociant de coquillages, elle doit sa couleur rose vif à son rôle d’amer, un repère pour les marins depuis le large. Fantaisie de propriétaire ou choix réfléchi, le mystère reste entier, mais une chose est sûre : nichée dans la verdure au bord de l’eau, elle ne passe pas inaperçue. Cette illustration se veut la plus apaisante de la série, une invitation à reprendre son souffle.
Quatre lieux, une même envie : ralentir, observer, se laisser porter par l’été. C’est ça, pour moi, les vacances bretonnes.
Et puisqu’on ne parle pas de vacances sans parler de plage et de glace, deux dernières illustrations viennent compléter la balade.
Rue de la Plage d’abord (ode à la Baignade), une façade comme on en rêve tout l’hiver : maison rose poudré, volets bleu lagon, bougainvillée généreuse, serviette qui sèche au soleil. Le vélo est déjà là, la bouée aussi, il ne manque plus que toi.
Puis Rue du Chat qui pêche (Ode à la Pistache), une ruelle pavée qui sent bon la pistache et les embruns, entre voiliers, fanions et une halte obligatoire devant la glacerie.
Deux touches sucrées et lumineuses, pour ne jamais être bien loin de l’été.
Tirage d’illustration numérique, tamponnée et numérotée à la main

Format 132 x 132 mm (marge 5 mm) | Impression Recto (Imprim’vert*) sur papier Novalith Fine Art texturé jet d’encre couleur 220g/m2g. Imprimé directement à l’Atelier
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